A TOUT UN CHACUN , UN PEU DE POLITIQUE

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A TOUT UN CHACUN , UN PEU DE POLITIQUE

Message  Prior le Ven 27 Mar - 11:55

Glané sur le NET Laughing

A TOUT UN CHACUN , UN PEU DE POLITIQUE
MessagePosté: 27 Mar 2009, 10:39



Destiné à tous ceux qui critiquent,
ISRAEL , LE PAPE , le Père SAMUEL, POUTINE , J.M. LEPEN et beaucoup d'autres encore .


Votre fable du jour avec http://www.lafontaine.net


Testament expliqué par Esope

Livre II, Fable 20
Cet hommage à Esope a d’abord été écrit par Phèdre. Le Maître de Sacy, en fera paraître une adaptation française dans ses « Fables » destinées aux élèves de Port-Royal . Cette dernière version est précédée de la maxime « Il ne faut pas compter les hommes mais les peser ». Il s’agit aussi de la dernière fable du Livre deuxième.



Peinture de Willy Aractingi Envoyez une E-carte
de cette illustration

Rendre hommage à
Willy Aractingi




Si ce qu'on dit d'Esope est vrai,
C'était l'oracle de la Grèce :
Lui seul avait plus de sagesse
Que tout l'Aréopage. En voici pour essai
Une histoire des plus gentilles
Et qui pourra plaire au lecteur.


Un certain homme avait trois filles,
Toutes trois de contraire humeur :
Une buveuse, une coquette,
La troisième, avare parfaite.
Cet homme, par son testament,
Selon les lois municipales,
Leur laissa tout son bien par portions égales,
En donnant à leur mère tant,
Payable quand chacune d'elles
Ne posséderait plus sa contingente part.
Le père mort, les trois femelles
Courent au testament, sans attendre plus tard.
On le lit, on tâche d'entendre
La volonté du testateur ;
Mais en vain ; car comment comprendre
Qu'aussitôt que chacune soeur
Ne possédera plus sa part héréditaire,
Il lui faudra payer sa mère ?
Ce n'est pas un fort bon moyen
Pour payer, que d'être sans bien.
Que voulait donc dire le père ?
L'affaire est consultée, et tous les avocats,
Après avoir tourné le cas
En cent et cent mille manières,
Y jettent leur bonnet, se confessent vaincus,
Et conseillent aux héritières
De partager le bien sans songer au surplus.
Quant à la somme de la veuve,
« Voici, leur dirent-ils, ce que le conseil treuve:
Il faut que chaque soeur se charge par traité
Du tiers, payable à volonté,
Si mieux n'aime la mère en créer une rente,
Dès le décès du mort courante. »
La chose ainsi réglée, on composa trois lots :
En l'un, les maisons de bouteille,
Les buffets dressés sous la treille,
La vaisselle d'argent, les cuvettes, les brocs,
Les magasins de malvoisie ,
Les esclaves de bouche , et pour dire en deux mots,
L'attirail de la goinfrerie ;
Dans un autre, celui de la coquetterie,
La maison de la ville et les meubles exquis,
Les eunuques et les coiffeuses,
Et les brodeuses,
Les joyaux, les robes de prix;
Dans le troisième lot, les fermes, le ménage,
Les troupeaux et le pâturage,
Valets et bêtes de labeur.
Ces lots faits, on jugea que le sort pourrait faire
Que peut-être pas une soeur
N'aurait ce qui lui pourrait plaire.
Ainsi chacune prit son inclination,
Le tout à l'estimation.
Ce fut dans la ville d'Athènes
Que cette rencontre arriva.
Petits et grands, tout approuva
Le partage et le choix : Esope seul trouva
Qu'après bien du temps et des peines
Les gens avaient pris justement
Le contre-pied du testament.
« Si le défunt vivait, disait-il, que l'Attique
Aurait de reproches de lui !
Comment ? Ce peuple qui se pique
D'être le plus subtil des peuples d'aujourd'hui,
A si mal entendu la volonté suprême
D'un testateur ? » Ayant ainsi parlé,
Il fait le partage lui-même,
Et donne à chaque soeur un lot contre son gré ;
Rien qui pût être convenable,
Partant rien aux soeurs d'agréable :
A la coquette, l'attirail
Qui suit les personnes buveuses ;
La biberonne eut le bétail ;
La ménagère eut les coiffeuses.
Tel fut l'avis du Phrygien ,
Alléguant qu'il n'était moyen
Plus sûr pour obliger ces filles
A se défaire de leur bien,
Qu'elles se marieraient dans les bonnes familles,
Quand on leur verrait de l'argent ;
Paieraient leur mère tout comptant ;
Ne posséderaient plus les effets de leur père :
Ce que disait le testament.
Le peuple s'étonna comme il se pouvait faire
Qu'un homme seul eût plus de sens
Qu'une multitude de gens.




L’Aréopage était ce tribunal de l’ancienne Athènes qui siégeait sur la colline consacrée au dieu de la guerre Arès (correspondant au Mars des Romains). Il était composé de sages qui avaient pour mission de surveiller les magistrats, de juger les meurtriers et de donner leur interprétation des lois. Par extension, le terme désignait la colline sur laquelle le tribunal rendait ses jugements.
Le terme désigne maintenant une assemblée de personnes éminentes et particulièrement choisies pour leur compétence.

Pour essai: Pour vérification.

Les lois municipales: Qui concerne la ville où se passe l’histoire.

Sa contingente part: Ce qui leur échoit. Terme juridique vieilli (comme nous en trouverons dans toute la fable).

L'affaire est consultée: L’affaire est soumise à la consultation des avocats.

Jettent leur bonnet: Abandonnent l’affaire, renoncent à comprendre.

Treuve: Ancienne orthographe pour « trouve » utilisée indifféremment avec trouve » à l’époque du fabuliste.

A volonté: La volonté de la mère. Sur la simple volonté de la mère.

Les maisons de bouteille
: Selon le dictionnaire de l’Académie, il s’agit de « petites maisons de campagne où l’on est visité souvent de ses amis » et où l’on vide sans doute quelques bouteilles.

Malvoisie: Au départ, il s’agit d’un vin grec, doux et liquoreux. On désigne aussi par ce nom divers vin liquoreux du pourtour méditerranéen.

Esclave de bouche: Officier de bouche, c'est-à-dire qui s’occupe de la table et des aliments.

Le ménage: L’intendance.

L'Attique: Péninsule de Grèce où se situe Athènes.

Testateur: Celui qui a fait le testament.

Partant: Donc.

La biberonne: Celle qui biberonne, qui boit. Terme burlesque et parfaitement choisi.

Le Phrygien: Il s’agit bien sûr d’Esope, originaire de la Phrygie, région occidentale de l’Asie Mineure (voir aussi « La vie d’Esope le Phrygien » de La Fontaine).

Comme il se pouvait faire: En voyant comment il pouvait se faire.


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